Faculté de droit de Montpellier Universität des Saarlandes

Ein / une (K/C)oopération
IFRI - ÉRID

Mise à jour: 09/04/2003

   
   

Avril 2003:
Nouveaux problèmes lors de l'utilisation de conditions générales d'affaire numériques selon le droit allemand

Janvier 2003:
Neue Probleme bei der Verwendung digitaler AGB nach deutschem Recht

Octobre 2001:
À propos des données personnelles...

 

Nouveaux problèmes lors de l'utilisation de conditions générales d'affaire numériques selon le droit allemand


I. Les faits

Une agence de photo a intenté contre l'éditeur d'un journal télévisé une action pour reproduction non-autorisée d'illustrations (en l'espèce, des images de maisons dominant Majorque). Elle se fondait sur une clause pénale, se trouvant dans ses conditions générales d'affaires. Le contrat avait été conclu sur la base d'une offre sur le site web de l'agence de photo. L'éditeur a commandé par fax, l'agence de photo a transmis les fichiers par une connexion ISDN au moyen du protocole Leonardo (protocole standard de transfert de fichier pour les systèmes Macintosh). Le tribunal régional de Hamburg parvint à la conclusion, que les conditions générales d'affaires n'avaient pas été valablement incluses au contrat.


II. La transmission électronique des conditions générales d'affaires

Le contrat a été conclu par la commande de l'éditeur par fax et la transmission des fichiers par l'agence de photo. Les conditions générales d'affaires ne sont pas devenues un élément essentiel du contrat parce qu'elles n'étaient pas l'objet de la conclusion du contrat.

L'agence de photo n'a pu prouver qu'elle les avait transmises, ou au moins qu'elle en avait clairement fait mention au moment de la conclusion du contrat. L'agence de photo n'a, avec le relevé de communication individuelle, apporté la preuve que de ce qu'au moment déterminant, une connexion ISDN avait eu lieu. Le protocole Leonardo n'enregistre que les données sur la taille et les propriétés des fichiers. On ne peut rien conclure sur le contenu des fichiers transmis, ni à partir du relevé de communication individuelle, ni à partir du protocole Leonardo.

Le tribunal tint pour concevable que les fichiers avec les conditions générales d'affaires continssent une erreur, excluant la transmission, que, dans le cadre du processus de transmission, des erreurs dans la transmissions soient intervenues ou que des conditions générales d'affaires aient bien été transmises, mais pas celles que l'agence de photo a présentées devant le tribunal.

Indication pratique: l'exécution de contrats conclus électroniquement comporte des risques. L'apport de la preuve peut être facilité au moyen de l'accusé de réception ou de la signature électronique.


III. La mise à disposition numérique de conditions générales d'affaires dans l'Internet

Comme l'a ajouté le tribunal, les conditions générales d'affaires ne seraient pas non plus devenues un élément essentiel du contrat lors de sa conclusion sur Internet parce que l'agence de photo avait omis de mettre sur ses pages-web, avec ses offres, un renvoi clair à ses conditions générales d'affaires. Les conditions générales d'affaires ne se trouvaient qu'à un niveau inférieur du portail Internet, sans lien avec les offres.

Indication pratique: les offres mises à disposition numériquement doivent par conséquent au moins comporter la mention " Nos conditions générales d'affaires sont un élément essentiel de cette offre ". Dans un second temps, il faut s'assurer que le cocontractant a la possibilité d'en prendre connaissance de manière raisonnable, par exemple par un lien bien visible, convenablement placé, vers le texte ou par une page-web par laquelle doit passer chaque internaute.

Dès qu'un contrat peut être conclu par voie électronique, le droit allemand exige depuis le 1er janvier 2002 que l'entreprise offre à ses clients de télécharger les conditions générales d'affaires et de les enregistrer sous une forme reproductible; cette exigence n'est pas susceptible de convention contraire, même entre entreprises.

Par exemple, dans le commerce électronique, si la conclusion d'un contrat par un formulaire-web est offerte, depuis le 1er janvier 2002, il faut en outre respecter des obligations supplémentaires, qui obligent à revoir formellement et matériellement le portail Internet; ces exigences peuvent être modifiées entre entreprises.

Informations complémentaires: Tribunal régional de Hambourg, décision du 13/06/2002 - 3 U 168/00; JurPC Web-Dok 288/2002 (URL: http://www.jurpc.de/rechtspr/20020288.htm).

 

Dr. Markus Junker
avocat chez PricewaterhouseCoopers Veltins à Münich (URL: http://www.pwcveltins.de/), collaborateur indépendant à l'Institut für Rechtsinformatique à l'Université de la Sarre
(e-mail: m.junker@mx.uni-saarland.de; WWW: http://www.jura.uni-sb.de/urheberrecht/junker/).


(Traduction: Pierre Matringe)