|
L'étude
informatique dans l'introduction et le suivi de l'Instance "contribution
au fonctionnement de la justice"
Le
traitement de la jurisprudence au Liban
Jurilinguistique
et informatique juridique
|
|
L'étude
informatique dans l'introduction et le suivi de l'Instance :
contribution au fonctionnement de la justice.
Par
Cécile Brun
Mots
clés:
JUSTICE
/ INFORMATIQUE / DOCUMENTATION JURIDIQUE / INFORMATIQUE JUDICIAIRE
/ DECISION DE JUSTICE / INFORMATIQUE DE PRODUCTION /
INFORMATISATION DES JURIDICTIONS DE L'ORDRE JUDICIAIRE / ECHANGE
DE DONNEES INFORMATISEES / INTERNET / INTRANET / AVOCATS / AVOUES.
Résumé:
Chacun
s'accorde sur l'urgente nécessité d'améliorer
l'efficacité du processus judiciaire. Les apports de
la technologie et la rationalisation des méthodes de
travail sont la base d'une optimisation du traitement des dossiers
au regard d'une société " judiciarisée
". D'après l'analyse de la réalité
de l'informatique judiciaire, au travers de son passé
et de ses objectifs, cette étude détermine les
vrais problèmes liés à l'informatisation
du monde judiciaire. Elle propose, par ailleurs, une informatique
plus ou moins automatisée pour l'échange et le
traitement des actes et pièces de procédures afin
de faciliter le traitement des dossiers et permettre ainsi le
prononcé du jugement et son exécution dans des
délais raisonnables. Ainsi, partant des différentes
tentatives de l'informatique judiciaire, des échecs passés
et considérant parallèlement les nouvelles avancées
technologiques de l'information et des communications, cette
étude envisage une nouvelle approche qui repose sur une
informatique cohérente et globale de l'ensemble du processus
de l'instance ainsi qu'une conduite de projet rigoureuse. L'enjeu
est désormais qualitatif et la mise en uvre pragmatique
et progressive répondant aux besoins de chacun des auxiliaires
de justice concernés par les communications d'informations
et les échanges de données informatisées
relatifs aux procédures et actes de l'instance.
Résumé
étendu
L'étude
informatique dans l'introduction et le suivi de l'instance porte
sur le rôle des échanges de données informatisées
et de l'informatique de production en vue de "contribuer
au fonctionnement de la justice". Elle constitue le prolongement
des travaux réalisés en 1983 par Monsieur Bernard
FARRET qui relate dans sa thèse les premières
expériences informatiques et analyse les apports et les
conditions de l'informatisation de la justice. L'informatisation
de la justice est rendue urgente par l'allongement de la durée
des instances civiles. Désormais la justice est le plus
souvent rendue à contre temps. Cet état des lieux
est alarmant : " déni de justice et digues rompues
" énonce le rapport FAUCHON. Il faut donc désormais
concilier le respect des grands principes du droit et des droits
de la défense avec la modernisation des procédures
de l'instance.
PREMIERE
PARTIE
La démarche
adoptée consiste à analyser les politiques d'informatique
judiciaire passées, leurs échecs et leurs réussites.
Dès le début des années 1960, une politique
d'informatique judiciaire est mise en uvre. Progressivement
plusieurs applications fonctionnant sur de gros systèmes
centralisés sont réalisées. Elles ont permis
un traitement rapide et fiable d'informations de plus en plus
nombreuses. Ainsi des grands fichiers ont été
crées, tel le casier judiciaire, les bureaux d'ordre
pénaux et civils et les chaînes civiles et pénales.
Malgré ces réussites, les applications sur sites
ont souvent été critiquées pour leur lourdeur
et mal accueillies par le monde judiciaire. Les ambitions sont
considérables mais les moyens modestes . En effet, les
priorités ne sont pas déterminées, les
projets trop vastes, l'informatisation trop rapide sans consultation
ni implication des services concernés. Ainsi les obligations
paraissent trop contraignantes au regard des retombés
directes utiles pour le juge.
Après 1991, les pouvoirs publics affirment des priorités
plus précises et débloquent des moyens pour financer
les projets informatiques et le développement d'expériences.
Une volonté collective de l'ensemble des corps de juristes
apparaît également afin de régler les difficultés
de fonctionnement de l'institution.
Dès 1994, une politique de déconcentration de
l'informatisation des juridictions est mise en uvre. Ainsi
des expérimentations diverses et éparses se développent
sans aucun souci de cohérence.
Après
ce bilan l'étude identifie les causes principales des
faibles développements des échanges de données
informatisées et détermine les conditions nécessaires
à une informatisation réussie dans le domaine
de la justice. Ensuite, elle définit le cadre général
du développement de l'informatique dans l'instance en
envisageant une informatique de communication appliquée
à un processus global. Car désormais, le contexte
actuel est plus favorable à cette informatisation : les
technologies de l'information et des communications, plus souples
et moins onéreuses, apportent une valeur ajoutée
immédiate au travail de chacun des intervenants au procès.
Ainsi l'accélération des échanges et des
communications de l'instance réalisée par la dématérialisation
et une gestion informatique apporte le vecteur qualité
qui constitue pour les juristes le facteur d'intégration
de l'outil informatique
Les conditions de l'informatique appliquée à l'instance
sont d'une part une maîtrise globale du processus des
échanges et des communications (avec une conduite stratégique
de la maîtrise d'ouvrage) et, d'autre part, un pilotage
du système d'information coordonné par la Chancellerie
avec un projet cohérent et commun (qui capitalise les
expériences passées). Enfin, une approche pragmatique
progressive est nécessaire. Cette démarche par
incrémentation tient compte des diversités de
métiers, de procédures et de pratiques dans les
juridictions et paraît compatible avec la priorité
donnée à la mise en uvre du volet communication
du schéma directeur 1998-2002.
DEUXIEME
PARTIE
Cette étude
identifie les problèmes liés à l'informatique
de l'instance et formule la proposition d'une instance informatisée
en modélisant l'assignation, la constitution d'avocats,
d'avoués, la mise au rôle, la mise en état
et le traitement du contentieux de masse.
Cette nouvelle
instance modélisée, rationalisée et simplifiée
(par la détermination de points communs aux différentes
procédures et de points spéciaux à certaines
procédures) repose sur la dématérialisation
et les échanges de données informatisées
dont la fiabilité juridique et technique évolue
favorablement, notamment grâce à la reconnaissance
juridique de la signature électronique (loi du 13 mars
2000 et décret n°2001-272 du 30 mars 2001, portant
adaptation du droit de la preuve aux technologies de l'information
et relative à la signature électronique) et par
l'émergence de nouveaux formats d'échange (qui
associent l'échange de documents et, ultérieurement
le multimédia, à l'échange de données).
Ces nouvelles possibilités facilitent l'application des
échanges dématérialisés à
des contenus complexes ou informels, comme ceux qui interviennent
dans les procédures judiciaires. Elles permettent d'étendre
les échanges aux acteurs ne disposant pas de services
informatiques. A terme, l'amélioration du fonctionnement
de la justice sera réalisée par l'exploitation
directe des données issues de l'activité de chacun
et véhiculées part le biais du réseau (Réseau
Privé Virtuel et Justice et INTRANET).
Cette application
des échanges de données informatisées pour
une nouvelle instance détermine une nouvelle institution
de la justice avec une nouvelle méthode de travail pour
le magistrat et les auxiliaires de justice. Celle-ci passe par
la modélisation et la gestion du travail pour une meilleure
productivité ainsi que par une restructuration des relations
internes et externes entre les différentes professions
actrices du procès basée sur la collaboration.
En outre,
la communication universelle d'informations et la rationalisation
et la simplification des transmissions entre le palais et les
auxiliaires de justice offrent une plus grande transparence
du fonctionnement de l'institution judiciaire. Dès lors,
les dossiers pourront être jugés dans des délais
courts tout en assurant la qualité du service par l'élimination
des ruptures et des temps morts de procédure.
|
|